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Deux
plantes particulières qui sont peut être carnivores poussent
dans nos régions: Dipsacus
fullonum et Capsella
Bursa pastoris. Araujia sericofera
que l'on rencontre fréquemment, capture et tue les papillons
mais ne les mange pas.
Dipsacus fullonum
ou
Dipsacus sylvestris. Le Rossolis N°06 -2006
(JP Rusyn)
Synonyme(s) :
Cabaret
des oiseaux, Chardon à foulon, Cardère sauvage, Peignerolle,
Laitue aux ânes, Chardon à moulin, Verge à pasteur.
Altitude:
jusqu'à 900 mètres.
Taille:
de 50 cm à plus de 2 mètres de haut.
Floraison:
Juillet Août.
Habitat:
lieux
incultes, fossés, terrains vagues, surtout sur sol argileux,
peu ou non acide.
Les
feuilles opposées et soudées de la cardère forment des
réservoirs à pluie où les oiseaux peuvent se désaltérer ce
qui explique un nom commun donné à la cardère : cabaret des
oiseaux. De nombreux insectes sont couramment retrouvés
noyés dans ces réservoirs et les scientifiques essayent de
savoir si la plante est capable de les assimiler.
Capsella Bursa pastoris Le Rossolis N°06 -2006
(JP Rusyn)
Nom
provenant du latin capsula : petite boîte ou bourse. Les
fruits ressemblent à la bourse que les bergers portaient
autrefois.
Altitude:
jusqu'à 2300 mètres.
Taille:
de 10 à 30 cm.
Floraison: Plante
annuelle ou bisannuelle elle peut fleurir toute l’année.
Habitat:
espèce
extrêmement répandue, cultures, chemins, ruines, pelouses…
Peut être
consommée en salade. Les feuilles ont une saveur rappelant
celle du cresson. Fait cailler le lait. Lorsqu’elles sont
exposées à l’eau, les graines développent un mucilage qui
attire les larves (moustique…). Il a été prouvé que le
mucilage exsude une substance chimique attirante, et ce
produit chimique ou une toxine séparée est responsable de la
mort des larves.
Des
expériences ont révélé que les graines
absorbaient des acides aminés irradiés. Tout ceci prouve la
carnivorité.
Araujia sericofera
la cruelle non carnivore. Le
Rossolis N°04-2005
(JP Rusyn) (haut)
Famille
:
Asclepiadacees
Genre :
Araujia ou
Schubertia
Espèce :
A.sericofera
Synonymes :
sericifera,
albens,
hortorum
Nom commun
:
Araujia
Étymologie :
sericofera :
qui fait de la soie
Araujia sericofera
n’est pas une plante carnivore mais elle n’en est pas moins
intéressante car elle aussi capture des insectes. Facile à
obtenir et à conserver elle mérite certainement une petite
place à coté de nos carnivores.
Lors de
l’assemblée générale 2004 de DSOT que nous avions organisée
dans le Gers au jardin carnivore de Jean-Jacques Labat,
celui-ci nous avait présenté le pied d’
Araujia
qui trône à l’entrée de la salle d’accueil s’accrochant à
une pergola. Après ses explications à propos des mœurs
surprenantes de la plante je décidai d’en savoir un peu
plus. Je connaissais la plante de nom mais je n’ y avais
jamais vraiment prêté attention et quelques recherches sur
Internet me donnèrent envie de la cultiver.
C’est
Alain Chauchoy qui me donna un pied « sauvage »prélevé dans
son jardin. Il possédait en effet un gros
Araujia
qui avait complètement envahi un figuier en arrivant même à
étouffer quelques branches. Il dû se résoudre à le sacrifier
mais quelques graines disséminées par le vent ont germé et
lui ont permis de conserver la souche.
C’est une
plante grimpante ou plutôt un petit arbuste lianiforme qui
peut atteindre plusieurs mètres de long. Les pousses
vigoureuses s’accrochent à tout ce qu’elles trouvent comme
les glycines. Les tiges, à l’instar des ficus, laissent
écouler un suc laiteux lorsqu’elles sont coupées ou
entaillées. La plante développe des feuilles vertes semi
persistantes ou persistantes, opposées et de forme
elliptique qui mesurent jusqu’à 10 cm de long. Le dessus est
vert alors que la face inférieure est glauque et duveteuse.
Des fleurs de 3 à 5 cm de diamètre apparaissent à partir du
mois de juillet. Elles sont blanches, veinées de rose plus
ou moins foncé aux pétales fusionnés. Très parfumées, elles
produisent jusqu’à la fin septembre beaucoup de nectar. Les
fruits oblongs, vert clair, paraissent très gros par rapport
à la plante. D’aspect feutrés, ils contiennent les graines à
plumeaux soyeux à l’origine du non de la plante.
Araujia
sericofera
apparaît souvent spontanément et peut se naturaliser sous
les climats favorables des régions côtières du sud et sud
ouest de la France ce qui pourrait, parait-il, engendrer le
raréfaction de certaines espèces d’insectes………..Facile à
cultiver, en grand pot ou directement en pleine terre, elle
supporte les petites gelées, la chaleur et la sécheresse
relative. Elle semble s’adapter parfaitement à tous les
substrats drainant et apprécie l’apport d’engrais.
Contrairement aux plantes carnivores ce sont les fleurs qui
capturent les insectes et uniquement dans un but de
pollinisation. La corolle de la fleur est constituée en son
centre d’une petite pince fonctionnant comme un petit
« piège à loup ». Deux sacs contenant le pollen sont
accrochés aux extrémités de cette pince. Les insectes,
attirés par l’odeur et le nectar qui coule abondamment,
finissent par toucher la pince qui se referme sur la partie
qui l’a effleurée. La patte pour les abeilles, guêpes et
frelons ou la trompe pour les papillons. Seuls les gros
insectes sont capables de se libérer en arrachant le piège,
entraînant dans leur fuite la pince et ses deux sacs
assurant ainsi la pollinisation de la fleur suivante
butinée. Les papillons et principalement les sphinx payent
un lourd tribut à
Araujia.
Il leur est impossible de se défaire du piège
et meurent d’épuisement, suspendus à la fleur par la trompe,
terminant tristement leur longue migration du sud de
l’Europe.
Il est
surprenant que seuls les gros insectes puissent féconder
cette plante. Peut être que les plus petits ne seraient pas
capable de transporter le poids de la pince et de ses deux
sacs ?
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