





 |
La
flore carnivore française, bien que très modeste avec sa vingtaine
d'espèces et de variétés, n'en reste pas pour autant des moins
intéressante. Partir à la découverte de nos plantes carnivores a
travers nos tourbières et nos montagnes reste toujours un plaisir
pour tous les passionnés.
Nous
apprendrons donc à découvrir nos plantes carnivores indigènes à
travers ces pages décrivant chacune une des quatre genres indigènes.
Nous commencerons ce tour d'horizon par un le genre les plus
répandus à travers le monde avec plus de 200 espèces : le genre
Utricularia.
On peut rencontrer 6 espèces d'utriculaire
en France
:
1. Description générale:
Toutes les
utriculaires françaises sont des plantes aquatiques flottantes entre
deux eaux, même si certaines espèces peuvent se rencontrer en
terrain détrempé.
Plante sans
racine, composée de rameaux pourvus de feuilles garnies de pièges en
forme de petits "sacs" appelés utricules. La floraison a lieu l'été
avec l'apparition de hampe florale au-dessus de la surface de l'eau
portant suivant les espèces de 2 à 10 fleurs jaunes.
Nos utriculaires
indigènes sont toutes des plantes vivaces passant la mauvaise saison
au fond de l'eau sous la forme d'un bourgeon composé de petites
feuilles serrées les unes contres les autres.
2. L'utricule:
|
Comme nous l'avons
vu les utriculaires sont pourvues de petits pièges (moins de 3 mm)
en forme de petit "sac". Les utricules agissent comme de petit
"aspirateur" capturant toutes les petites larves et autres petits
crustacés se trouvant à proximité de l'ouverture du piège.
Le piège est
constitué d’une feuille transformée possédant une entrée bloquée par
une membrane souple garnie de poils sensitifs. L'utricule, au repos,
est comprimé. Lorsqu’une proie touche les poils sensitifs, la
membrane s’ouvre, ce qui produit une dépression. L’animal est ainsi
aspiré à l’intérieur du piège. Ensuite les parois de l'utricule se
resserrent en rejetant l’eau par osmose. Des glandes produisent
alors des enzymes qui digèrent l’animal pendant que d’autres
absorbent les matières transformées. |
 |
3. Description des espèces:
Utricularia australis
(haut)
|
Plante aquatique
pouvant atteindre 1,50 m de longueur composée de rameaux verts
(parfois rougissant). Les feuilles, de 1 à 6 cm, sont divisées en
lanières fines, denticulées et portant les utricules. Hampe florale
pouvant atteindre 30 cm de longueur, portant 3 à 8 fleurs de 15 à 20
mm. La corolle est jaune vif légèrement veinée d'orange sur le
palais. La lèvre supérieure est oblongue et égale 2 à 3 fois le
palais, la lèvre inférieure est presque plane. L'éperon est conique
atteignant la moitié de la longueur de la corolle.
Espèce proche d'Utricularia
vulgaris.
Se rencontre entre
0 et 800 m dans les eaux dormantes acides et les tourbières dans une
grande partie de la France sauf en Corse. |
 |
Utricularia bremii
(haut)
|
Plante généralement aquatique pouvant atteindre 50 cm de
longueur composée de deux sortes de rameaux. Les premiers
sont verts, flottants tandis que les deuxièmes sont
diaphanes, envasés. Les deux sortes de rameaux portent des
utricules mais seul les premiers sont pourvus de feuilles
divisées en fine lanière non denticulée.
Hampe
florale pouvant atteindre 15 cm de longueur, portant 2 à 4
fleurs de 8 à 10 mm. La corolle est jaune pâle un peu striée
d'orange sur le palais. La lèvre supérieure égale le palais,
la lèvre inférieure est légèrement arrondie et à bords un
peu ondulés. L'éperon en forme de bosse est plus long que
large.
Espèce
très proche d'Utricularia
minor.
Se rencontre dans la Somme, le Centre et l'Alsace.
|
 |
Utricularia intermedia
(haut)
|
Plante généralement aquatique pouvant atteindre 50 cm de
longueur composée de deux sortes de rameaux. Les premiers
sont verts, flottants tandis que les deuxièmes sont
diaphanes, envasés. Seul la deuxième sorte de rameaux portes
des utricules. Les feuilles des rameaux flottants sont
divisées en segments situés dans un même plan et denticulés
aux marges.
Hampe
florale pouvant atteindre 20 cm de longueur, portant 2 à 5
fleurs de 10 à 15 mm. La corolle est jaune pâle striée
d'orange sur le palais. La lèvre supérieure égale 2 fois le
palais et la lèvre inférieure est plane. L'éperon conique
est parallèle à la lèvre inférieure et est presque aussi
long qu'elle.
Espèce
très proche d'Utricularia
ochroleuca.
Se rencontre dans les eaux dormantes acides et des
tourbières dans une grande partie de la France sauf Midi et
Corse. |
 |
Utricularia minor
(haut)
|
Plante
généralement aquatique pouvant atteindre 50 cm de longueur
composée de deux sortes de rameaux. Les premiers sont verts,
flottants tandis que les deuxièmes sont diaphanes, envasés.
Les deux sortes de rameaux portent des utricules mais seul
les premiers sont pourvus de feuilles divisées en fine
lanière non denticulée. Hampe florale pouvant atteindre 15 cm
de longueur, portant 2 à 4 fleurs de 7 à 8 mm. La corolle
est jaune pâle un peu striée d'orange sur le palais. La
lèvre supérieure égale le palais et la lèvre inférieure est
plane. L'éperon est réduit à une bosse aussi long que
large. Espèce très proche d'Utricularia
bremii.
Se
rencontre entre 0 et 1800 m dans les eaux dormantes acides
et des tourbières dans une grande partie de la France sauf
en Corse. |
 |
Utricularia ochroleuca
(haut)
|
Plante généralement aquatique pouvant
atteindre 50 cm de longueur composée de deux sortes de
rameaux. Les premiers sont verts, flottants tandis que les
deuxièmes sont diaphanes, envasés. Seul la deuxième sorte de
rameaux portes des utricules. Les feuilles des rameaux
flottants sont divisées en segments situés dans un même plan
et denticulés aux marges. Les pointes des segments sont très
aiguës. Hampe florale pouvant atteindre 20 cm de longueur,
portant 2 à 5 fleurs de 10 à 15 mm. La corolle est jaune
pâle striée d'orange sur le palais. La lèvre supérieure
égale 2 fois le palais et la lèvre inférieure est plane.
L'éperon conique forme un angle ouvert avec la lèvre
inférieure de la corolle et égale au plus la moitié de
celle-ci. Espèce très proche d'Utricularia
intermedia.
Se rencontre principalement dans l'Est de la
France, à noter une population dans une tourbière près de
Dax. |
 |
Utricularia
vulgaris
(haut)
|
Plante
aquatique pouvant atteindre 1,50 m de longueur composée de
rameaux verts. Les feuilles, de 1 à 8 cm, sont divisées en
nombreuses lanières denticulées et portant les utricules.
Hampe
florale pouvant atteindre 30 cm de longueur, portant 3 à 8
fleurs de 15 à 20 mm. La corolle est jaune vif légèrement
veinée d'orange sur le palais. La lèvre supérieure est
orbiculaire et égale le palais, la lèvre inférieure est
rabattue. L'éperon est conique atteignant la moitié de la
longueur de la corolle.
Espèce
proche d'Utricularia
australis.
Se
rencontre entre 0 et 1000 m dans les eaux dormantes acides
et des tourbières principalement dans le Nord et l'Est de la
France. Cette espèce serait aussi absente dans le Sud-Ouest. |
 |
|